Depuis les années 70, les urbanistes de Portland pensent « vert ». À cette époque déjà, la ville avait mis en place des décrets très stricts réglementant l'occupation des sols afin de protéger les terrains agricoles et de concentrer la croissance urbaine au sein de quartiers compacts desservis par les transports publics. Portland soutient la construction de bâtiments à utilisation mixte et à faible consommation d'énergie ainsi que l'utilisation des vélos comme moyen de transport. L'objectif de la ville est d'être une « ville à 20 minutes » , où les résidents passent 20 minutes ou moins pour se rendre au travail, pour faire leurs courses ou pour profiter des loisirs.
Gavin Newsom, le maire de San Francisco, a adopté une politique volontariste pour une croissance économique respectueuse de l'environnement. La ville dispose du programme d'énergie solaire le plus important du pays et a mis en place des normes strictes encadrant le secteur de la construction. La ville a également interdit l'utilisation des sacs en plastique dans les supermarchés. 70 % des déchets de San Francisco sont recyclés, réutilisés ou mis au compost et le réseau de transports publics est un des plus agréables du pays. La région réputée de la Silicon Valley, qui se trouve à proximité, finance et développe des technologies vertes créatrices d'emplois. Tout ceci dans un État, la Californie, qui dispose des normes les plus strictes en matière d'énergies propres et d'émissions de gaz carbonique.
Depuis 2005, Seattle a lancé un programme ambitieux de lutte contre le changement climatique et d'utilisation de sources d'énergie renouvelables, qui prévoit une baisse de 7 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2013 (par rapport aux niveaux de 1990). La ville envisage d'atteindre cet objectif en augmentant la densité des zones résidentielles, en élargissant le réseau des pistes cyclable, en encourageant l'éclairage à faible consommation d'énergie et en faisant appel aux entreprises locales pour qu'elles réduisent leurs émissions de gaz carbonique. En 2006, plus de 90 % de l'énergie utilisée par la ville de Seattle provenait de sources d'énergie renouvelables et depuis 2008, les véhicules chargés de l'entretien de la ville roulent au biodiesel. Dans les cinq prochaines années, la ville compte ajouter 500 bus hybrides à son parc ainsi qu'un service de métro léger en 2009.
Dans les années 90, le maire de Chicago, Richard Daley, avait soulevé une polémique en plantant 500.000 arbres, en sacrifiant des voies de circulation sur les boulevards pour créer des terre-pleins de verdure et en rasant un aéroport situé en centre-ville pour y mettre à la place un jardin public de 40 hectares. Depuis, des initiatives telles que l'adoption d'équipements à faible consommation d'énergie pour la rénovation de bâtiments et l'utilisation d'électricité solaire sont devenues monnaie courante. Des jardins fleurissent sur les toits de la ville. La ville accueille également la Bourse du Climat où s'échange le dioxyde de carbone.
En 2006, la ville de New York se vantait d'avoir créé plus de 26.000 emplois verts, à savoir des emplois liés aux énergies propres. La ville s'est engagée à faire passer ce chiffre à 200.000 d'ici à 2038. Le maire de la ville, Michael Bloomberg, a dévoilé des plans de durabilité parmi les plus poussés du pays qui devraient faire de New York une des villes les plus respectueuses de l'environnement grâce une politique de responsabilité sociale. Composé d'une centaine d'initiatives, ce plan prévoit de planter un million d'arbres au cours des dix prochaines années, la création de zones réservées aux piétons et la création de jardins à moins de dix minutes de toute zone résidentielle. Les émissions de la ville par habitant se situent largement en-dessous de la moyenne nationale. Néanmoins, la ville envisage de réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à leur niveau de 2005.
En 2007, la ville fut la première à accorder des subventions aux quartiers dont les résidents s'engageraient à lutter contre le réchauffement de la planète. En l'espace d'un an, ces subventions avaient atteint 100.000 dollars. Le parc automobile municipal de Minneapolis comprend deux voitures électriques, 50 véhicules hybrides et des véhicules polycarburants ou utilisant du diesel « propre ». Un pont réservé exclusivement aux piétons et aux cyclistes, des mesures de sensibilisation qui encouragent la marche et le vélo, un centre-ville avec des aires de stationnement et des services de réparation pour les vélos contribuent à faire de Minneapolis une ville très accueillante pour les vélos, ce qui constitue un accomplissement pour une ville dont les températures hivernales dépassent rarement -7 degrés.
L'aéroport international de Philadelphie est alimenté par de l'énergie éolienne. Ses vieilles usines de métallurgie ont été converties en usines de fabrication des éoliennes. Un grand nombre de ses bâtiments et sites industriels sont chauffés au gaz naturel, qui émet moins de gaz à effet de serre que le charbon. Aujourd'hui, la ville œuvre pour réduire de 10 % les émissions de gaz carbonique par rapport aux niveaux de 1990. Plus d'un quart des habitants de la ville utilisent les transports publics et après avoir réduit son parc automobile, la ville a adopté un plan intitulé « PhillyCarShare », qui permet à ses employés d'emprunter des véhicules hybrides à l'heure. Dix-huit marchés et 465 potagers de proximité font de Philadelphie le numéro un des produits frais, bios, et cultivés localement.
Oakland a adopté un plan intitulé « Déchet zéro en 2020 » et compte également mettre fin à sa dépendance pétrolière la même année après avoir interdit les sacs en plastique et les emballages en polystyrène utilisés dans la restauration. La ville d'Oakland utilise un taux très élevé de ses déchets solides recyclés et 10 % de son énergie provient de sources d'énergie renouvelables. Les habitants de la ville respirent un air non pollué, consomment des produits frais locaux et bénéficient de transports publics fiables.
Le maire de Baltimore, Sheila Dixon, a introduit de nouvelles normes « vertes » pour le secteur de la construction, amélioré le recyclage et engagé la ville sur la voie d'un développement durable. Son plan inclut un nouveau code d'urbanisme qui incorpore des zones de développement denses desservies par les transports publics. La ville a ajouté 75 kms de pistes cyclables et espère pouvoir élargir son réseau de transports légers sur rail.
Le gouvernement fédéral a instauré des normes de consommation d'énergie pour tous ses bâtiments administratifs et son parc automobile. Ces normes vont certainement aboutir à la création d'emplois à « col vert » au cœur de la capitale du pays. En 2007, le maire de Washington, Adrian Fenty, a lancé une initiative pour créer des synergies entre les programmes de formation professionnelle des travailleurs et les besoins en main-d'œuvre qualifiée dans le secteur de l'économie verte.
La capitale du pétrole du monde émet plus de gaz carbonique que n'importe quelle autre ville du pays. Mais en 2006, le nombre d'éoliennes du Texas a dépassé celui de la Californie et certains barons de l'industrie pétrolière se tournent de plus en plus vers le secteur de l'énergie éolienne.
Los Angeles a tiré profit des mesures de conservation de l'énergie de la Californie qui ont abouti à la création de plus de 1,5 million d'emplois. Mais Los Angeles veut apporter sa propre contribution au secteur vert et envisage la création dans son centre-ville d'une technopole « verte » en 2011.
Les panneaux solaires fleurissent sur les toits des maisons et des bâtiments commerciaux en Californie méridionale, résultat d'une politique très musclée des villes et de l'État de la Californie. L'énergie solaire, considérée comme une « locomotive économique » a créé beaucoup d'emplois dans tout l'État. En 2008, une journée d'information consacrée aux formations dans le secteur des énergies propres a attiré près de 10.000 professionnels, chefs d'entreprises et chercheurs d'emplois du secteur des énergies renouvelables.
La ville de Pittsburgh a parié sur le « secteur vert » pour ressusciter son économie qui doit remplacer ses sites industriels en perte de vitesse. Les universités locales et autres organisations privées se sont engagées à créer des emplois dans les secteurs de la construction de bâtiments à faible consommation d'énergie, les métaux à haute performance, les systèmes de chauffage et de climatisation, les biocarburants, les produits d'entretien verts et le traitement des déchets. La ville se targue d'accueillir Plextronics Inc., une des sociétés de panneaux solaires les plus innovatrices du pays.